C’est dans les moments difficiles qu’on teste notre foi et notre engagement.
Nous pouvons des jours durant faire des méditations et des affirmations positives et
les défaire la première épreuve venue. J’ai récemment eu à affronter des situations
pénibles et difficiles. J’ai senti les vagues de la colère et de la rancune déferler
vers moi mais je me suis ressaisie avant de les laisser me submerger et m’emporter dans
les turbulences où tout est agité et obscur.
Supposons que vous venez de subir une injustice flagrante: vous êtes accusé à tort,
vous prenez de plein fouet la mauvaise foi d’un de vos proches, la négligence d’autrui
provoque une perte ou un dégât dans votre vie, vous êtes victime d’une agression verbale
ou d’un braquage etc.. Peu importe l’importance de l’événement, tout ce qui semble menacer
votre intégrité psychophysique déclenche d’une manière quasiment chimique et automatique une
réaction de votre part. Rares sont ceux ou celles qui peuvent immédiatement prendre du recul
face à la déferlante et dévier son cours par des invocations ou des pensées positives.
Peut-être même la nature qui fait bien les choses suscite, dans un premier temps, une réaction
salutaire d’autodéfense. Comme notre organisme se mobilise lorsqu’il perçoit des signaux d’alarme,
notre esprit aussi se tend et se contracte face au danger. Notre capacité d’interpréter ou de réinterpréter
l’événement est momentanément prise de court et d’autres réactions, plus inconscientes et donc plus rapides,
prennent la priorité. Que faire dans ces moments critiques qui nous interpellent brusquement?
Je parlerai en mon nom, à partir de ma propre expérience de situations récentes qui ont mis ma
foi métaphysique à l’épreuve.
Dans la première situation, j’ai senti la tension monter et s’intensifier jusqu’au point de l’explosion qui
m’aurait amener à dire des choses que j’aurais regrettées plus tard ou à agir impulsivement pour
trouver un soulagement éphémère, sans prendre garde aux conséquences. Dans l’autre situation,
j’avais tendance à résorber un trop-plein de tension dans le découragement, la résignation au
pire et l’apitoiement sur soi. Dans les deux cas je me suis trouvée à la croisée de deux chemins
avec très peu de temps pour choisir dans lequel je m’engagerai: celui de la réaction immédiate,
la solution de facilité la pente descendante ou celui de l’affirmation de qui Je suis, de qui
je me suis engagée d’être ou de qui je veux devenir.
La colère et la peur sont puissantes, envahissantes, aveuglantes. Si nous leur résistons, si nous
tentons de les combattre nous nous épuisons en vain. Elles retournent l’énergie du combat contre
nous-mêmes et se nourrissant d’elle redoublent de force. Avant de nous submerger et de nous noyer,
nous bénéficions d’un tout petit espace de liberté, d’une brèche étroite de conscience éveillée.
Nous avons un tout petit intervalle de temps, un interstice tout fin pour contacter nos ressources
profondes et éviter de devenir le jouet impuissant de passions incontrôlées.
Mais par cet espace-temps réduit nous pouvons toucher l’Infini.
L’Infini de notre sagesse profonde, l’infini de notre source d’intelligence et de foi,
notre liberté et notre souveraineté. Je me suis réfugiée dans cette bande étroite de conscience
épargnée encore par l’ouragan, j’ai fermé les yeux, j’ai respiré profondément et je me suis répété,
sinon avec conviction du moins avec une intention forte, les paroles de délivrance:
CONFIANCE, COURAGE, CALME et puis des incantations comme DIEU EST AVEC MOI, IL EST MON BERGER ET AUCUN MAL NE
PEUT M’ARRIVER.
La déferlante de sentiments négatifs semblait juste un peu ralentie sous l’effet de cette attitude et de ces mots.
Mais moi, j’étais déjà hors de sa portée, à un endroit abrité. J’ai rouvert les yeux et j’ai décidé de la regarder
en face, de la laisser se déployer, mugir, hurler en menaçant de tout emporter sur son passage.
Les flots déchaînés charriaient de vieilles rancunes que je croyais avoir enfouies et enterrées
depuis longtemps dans les profondeurs de l’océan de mon subconscient.
De là où j’étais, je sentais leurs relents, leurs langues venimeuses me frôlaient, et chaque fois
que j’étais tentée de me laisser emporter, de m’identifier avec mon rôle de victime justement indignée,
je me répétais les paroles de foi, de transcendance, de soutien divin. Et je continuais à écouter les
récriminations anciennes réveillées par les nouvelles, j’observais tout ce qui se passait en moi comme si ça se passait devant moi, derrière un écran protecteur.
La tempête semblait se calmer un moment puis elle reprenait de plus belle comme sous l’effet
d’une nouvelle poussée de vent. Je savais que je devais laisser faire, que les figures menaçantes
de mes souvenirs ombrageux et mes nouvelles réactions qui se greffaient sur les anciennes devaient
s’exprimer, sortir, s’essouffler pour s’évaporer. Et je me répétais inlassablement: « Je suis à l’abri
de tout danger, je suis entre les mains de la Force créatrice, aimante, bienveillante, sage et éternelle.
Dieu est ma force, mon courage, mon guide, mon soutien. »
J’acceptais ma colère et mon indignation, je ne les repoussais pas, je ne les refoulais pas, cela m’eût
d’ailleurs été impossible. Je m’adressais à ce moi tourmenté amicalement, en lui disant que je comprenais
ce qu’il éprouvait, que j’entendais ses plaintes, que c’était humain, qu’il se défendait, qu’il se protégeait,
mais je lui parlais d’un autre endroit, de celui où réside mon Moi profond, intouchable, inviolable,
pur et inentamé.
Pour me permettre de rester en contact avec cette puissance intérieure, j’ai appliqué la loi de substitution:
je suis sortie faire une longue promenade avec mon chien. Je marchais d’un pas vif, régulier et je m’appliquais
à voir tout ce qu’il y avait autour de moi, à entendre tous les bruits et les sons, à sentir la brise légère sur
mon visage, dans mes cheveux, à humer l’air frais du crépuscule. Au contact avec l’environnement, par le biais
de tous mes sens, j’ai renoué corporellement le lien avec la nature, avec l’univers extérieur
et avec mon univers intérieur: j’ai senti mon unité avec le monde, ma place incontestée
et incontestable dans celui-ci et je me suis dit, cette fois avec conviction et
enthousiasme: « Je suis l’enfant aimé et chéri de cet Univers et de son Créateur,
je suis libre et en sécurité.» Et je me suis mise à sourire, puis presque à rire..
De retour chez moi, j’étais sainement fatiguée, apaisée, revigorée. Je me suis couchée
et avant de sombrer dans le sommeil, j’ai remercié Dieu pour ce don extraordinaire qu’Il
nous a fait: celui d’avoir la liberté d’esprit face aux circonstances, celui de dominer,
de transcender, de sublimer les conditions adverses, de les transformer en tremplin pour notre pouvoir créateur.
J’ai confié ensuite la résolution du problème qui a provoqué la tempête à ma Sagesse supérieure
et je me suis abandonnée avec une confiance enfantine au sommeil.
La seconde fois dans l’autre épreuve, je me suis dit tout de suite: « «originellement, le mot épreuve
ne veut pas dire malheur ou événement pénible. Éprouver veut dire essayer, tester ses qualités.
Comment pourrais-je vérifier ce en quoi je crois, comment saurais-je qui Je suis si je ne l’éprouve pas?»
Et j’ai affirmé que j’étais prête à témoigner de ma foi, à la rendre active, à transmuer le plomb de l’adversité
en l’or de mon âme. La tempête cette fois était de plus courte durée. Chacune de ces situations
difficiles a trouvé son dénouement sans que je fasse d’effort ou de compromis. En y travaillant
en amont, en affirmant ma foi en la bienveillance et la toute-puissance de L’Esprit universel,
j’ai déclenché le processus qui crée selon notre foi et qui la valide. J’ai envie de vous dire,
comme je me le dis et redis à moi-même pour ne pas céder aux conditionnements anciens,
aux mirages des puissances extérieures: le Pouvoir est en vous et rien ni personne ne peut vous l’ôter.
Vous êtes les seuls à pouvoir le renier ou le déserter en courbant l’échine devant le faux pouvoir
des circonstances, des conditions, et des autres. Restez à tout moment conscient de l’interstice, de
la brèche dans toute situation qui vous semble insoluble, par laquelle l’Infini vous tend la main
et attend que vous la saisissiez. Chaque moment pénible ou douloureux est un appel à votre pouvoir,
une invitation que vous l’exerciez à bon escient, car les bonnes pensées et paroles restent creuses
et vides si vous ne les appliquez pas.
Prouvez à l’Univers que vous y croyez en agissant en accord avec cette croyance et la Vie vous le rendra au centuple.