Une seule lettre sépare ces deux termes,un tout petit rien qui fait une grande
difference, à tel point que tout un monde les distingue.
Pour peut-etre mieux les réeunir au moment venu.
Le petit roi c'est cette banale auto-réfléxion sur soi meme, ce principe qui permet
à chaque etre humain de se reconnaitre comme un "je", un "moi"
une entité vécue comme unique et séparée. Et c'est bien la une grande illusion,
une confusion majeure dont les conséquences pour notre planète sont capitales.
Ce choix limitatif qui résulte de ce que certains dénomment "fantasme de séparativité ", après que l'orient eut depuis des lustres révélé la nature de "Maya", cet ingrédient quasi hypnotique de l'artifice d'un monde d'illusion matérialiste qui détourne volontiers le sujet, habillement conditionné par la masse à la traine de ceux qui y ont interèt, de sa véritable mission ici-bas. Cet égo ou petit moi se nourrit par exemple allègrement du poison de la peur qui infiltre la plupart des acitvités humaines, fournissant aux puissants de ce monde, des arguments pour le prendre encore mieux dans leurs souriciéres, lesquelles prennent sournoisement l'allure de cages dorées.
L'image de ce petit moi fabriqué de toute pièce vie après vie, car il n'a pas d'existence intrinsèque au regard de la prèsence divine en chacun, nous confond par la diversité de ses ruses et de ses audaces. N' incline-t'il pas subrepticement à l'égocentrisme, cette sorte de maladie laissant croire qu'il est le centre du monde, aux détriements d'autrui, des animaux et de la nature ? Divisant, séparant, discriminant, il privilégie ce qu'il croit etre de l'autonomie, tente d'exércer sa puissance au lieu d'une attitude de don et de tendresse. J'ai vu un coté et j'ai vu l'autre Mais qui est celui qui voit? Ce n'est pas moi, et pourtant pas un autre C'est un au delà de moi Qui me dit que la foudre sort des entrailles de la terre Alors que moi je crois la recevoir du ciel Heureux de retrouver le lien Précieux et vértiable De l'Intelligence Cosmique Partout et toujours
Le petit roi ou " fils des philosophes ", ou encore " enfant des sages " selon les alchimistes occidentaux peut allègrement etre interpreté comme notre Conscience Supérieur qui privlélgie la loi d' Amour. Il se révéle progressivement selon des voix variées à celui qui le cherche, consciemment et inconsciemment. C' est l'étincelle divine, une présence de Dieu lui meme, une réalitée étérnelle à la fois immuable et changeante. La prière, la méditation, l'étude et la pratique de la Métaphysique Appliquée le nourrissent et l'enchantent. Il aime donner, réchauffer, réconforter,réunir, soulager:" Mon joug est doux et mon fardeau légèr " ( Matthieu XI, trente ) avec sa prèsence.
Ce petit roi soutient la comparaison, me semble t'il, avec le Soi, c'est à dire ce centre divin de la personne et du monde selon le regard de l'Inde, repris et conceptualisé beaucoup plus tard par C; G.Jung dans l'élaboration ultime de sa psychologie des profondeurs. C'est aussi le " moi véritable " provenant de la Source dont il s'abreuve y puisant son infinitude. Si l'éducation de la plupart des enfants de la planète privilégie le petit moi qui sans cesse se déplace d'un besoin de la personalité à un autre, attestant de fait meme de son irréalité fondamentale, faut-il pourtant le désavouer totalement ?
Certes non, d'autant plus que le diluer, le dissoudre, s'en débarasser n'est pas si simple. Tout d'abord il doit se développer, s'affermir, se structurer avant que de passer au second plan. C'est à dire qu'il ne convient pas de s'en défaire avant qu'il ne soit suffisamment existant sur le plan relatif, celui de notre incarnation terrestre. Mieux- meme sa trop grande faiblesse ne permettrait pas un équilibre de vie suffisant pour supporter la force de l'ensemencement divin. Lorsque l'apotre Paul s'éxlame : " Ce n'est pas moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi " il ne s'identifie pas à cette énérgie christique mais la sent couler en lui. Inversement il fallait à ce principe un contenant, une peau et une chair pour s'éxprimer dans la manifestation par le moyen de la personnalité paulinienne. Laquelle autrement dit distingue son petit moi et son petit roi tout en affimant leur cohabitation. La maladie sur ce versant serait de se rendre coupable d'inflation, c'est à dire de la tendance à se prendre pour le nombril de l'univers.
Compte tenu du niveau de l'évolution humaine actuel il n'est pas pertinent de supprimer totalement cette instance nécéssaire à notre vie en chair, mais souhaitable de ne pas la laisser prendre le pouvoir en notre demeure. En contrepartie permettons au petit roi de s'accroitre, de s'amplifier, de se dilater, en lui accordant les nutriments et l'attention adéquats. Si une identification au moi et nécéssaire pendant une partie du développement de la personnalité, il appartient ensuite de s'en dés- identifier, de se dé-hypnotiser de cette fausse percéption qui appartient à ce que différents courants mystiques d'Orient et d' Occident qualifient d'ignorance de notre véritable nature, c'est à dire celle de notre participation à l' Intelligence Universelle dont nous sommes le récépcacle, le vase.
Un mystique est penseur tel que Johann Eckart (1260-1327 ), en résumé d' une de ses thématique centrale, enseignait : " celui qui laisse tout, toutes choses se tiennent en lui, essentiellement ". Avec cet apologie du détachement Maitre Eckhart voulait signifier que si nous laissons assez de place en nous alors l' Intelligence Divine peut agir de l'intérieur de nous. Ou encore pour utiliser la teminologie de cet article pourrait on dire qu'en effacant suffisamment le petit moi, le petit roi peut déployer sa pleine mesure. Il peut laisser briller sa couronne à notre conscience selon une irruption descendante, par exemple sous la manifestation d'une intuition, ou d'un inside ou d'un insight ou encore d'une inspiration lumineuse. Mais le chemin inverse, ascendant, est également possible lorsque le petit moi aspire à s'éléver à une condition plus vaste, à une respiraiton dégagée des vapeurs moites de la limitation et de la vision erronée du monde.
En écrivant ces lignes il me revient en mémoire et en perceptions une expérience de plus d'une décade qui jadis m'avait troublé autant que charmé J'animais avec un collègue une cession de formation au management pour des agents de maitrise et cadres. Les deux premiers jours furent maussades car le groupe de stagiaires adhérait peu à l'ouvrage, un désintéret teinté d' hostilité larvée inquiétait les formateurs. Le matin suivant je me rendis pour m' y receueillir dans une humble grotte à quelques dizaines de métres du lieu de la cession, dans la quelle un ermitte de cette region de moyenne montagne vivait il y'a quelques siècles. Puis je rejoignis le groupe qui, c'était merveilleux, avait totalement changé son énérgie pour se montrer particulièrement positif et coopératif. De plus le soir, en rejoignant la valllée une fois le séminaire términé, j' eus en voiture une expérience d'élargissement de conscience. Je ne faisais plus qu'un avec la montagne, l'air, les nuages, les arbres, empli d'un vif sentiment de gratitude et de bonheur. Comme si le petit moi avait fait un saut en direction du petit roi, à moins que ce dernier n'eut investi le premier.
Bien sur je pourrais complexifier cet exposé en présentant des approches plus fines et détaillées de l'anatomie de l'ésprit, par exemple de l'évocation des différents corps dits subtils, ou bien par le rappel des chakras et le leur dynamique interactionnelle, mais pour le moment cette référence binaire peut suffire. Car le fond de notre dialéctique humaine se raméne toujours à concilier, plutot qu'à diviser ces deux énérgies du petit moi et du petit roi.
Pour ne pas se laisser engluer dans les aspirations égotiques du premier il est bon de laisser notre perspective s'étendre jusqu'à l'infini et l'étérnité. Mais pour éviter une dissolution déréalisante il convient de présentifier le petit roi, de lui donner vie ici et maintenant autant qu'ici-bas dans la matière et le quotidien, de telle sorte que l'ame éveillée soit dispensatrice d'un courant d'amour sans cesse renouvelé.
De meme que Copernic au début du 16 ième siècle avait détroné le géocentrisme au profit d'une vision plus correcte de nature héliocentrique, C. Jung avait fait du Soi le centre de la psyché ( analogiquement le soleil ), alors que beaucoup considéraient et considérent encore, que le moi et sa volonté de puissance occupent cette position ( la terre ). Donc rendons au petit roi la place qui lui revient, en reconaissant au petit moi son role qui pour n'etre pas prédominant est pourtant fonctionnel. Et ainsi les mystiques de tous horizons, les chercheurs de vérité, les méthaphysiciens pourront continuer à placer l'Intelligence divine au centre de leur vie, tout en restant suffisament reliés aux contingences terrestres et à une authentique fraternité humaine.
J.C GRANDIDIER, Nancy (FRANCE)